C'est pas tous les jours facile...

Publié le par M.T

C'est pas tous les jours facile...

Aujourd’hui est un jour sans. Disons, un jour qui me laisse la bouche pâteuse. où je lis les nouvelles, les infos sans plus l'espoir de lendemains qui chantent. Un jour où l'appétit me quitte et où je désespère de retrouver la fibre exaltée et exaltante du combat politicien.

Sans défaitisme outré, force est de constater que la politique française continue son virage à droite toute, vers une extrême-droite de plus en plus marquée, revendiquée, assumée et que ce qui relevait jusqu'à présent des agissements et autres fantasmes identitaires d’un groupuscule isolé devient force de majorité. Nous sommes en démocratie et il faut l’admettre, l’extrême-droite et la droite extrême sont en train de gagner leur pari. Je lisais ce matin les comptes rendus du débat d’hier soir sur TF1. Oui je sais, je me fais du mal... La parole de gauche devenue inaudible s’effondre quand une majorité de commentaires porte l’extrême-droite de Marine Le Pen au pinacle. "Je ne voulais pas voter Marine Le Pen, mais j'ai trouvé son programme convaincant" s'esbaudit une commentatrice. Tel le Messie, la présidente du parti du Front National arrive à ses fins pour incarner, telle la Jeanne de son papa, celle qui boutera les dangers et notre mal de vivre hors de France. Sauf qu'il faut bien comprendre que les dangers dont elle nous menace, c'est elle-même qui les aura levés. Sa parole, parfaitement rodée, agite les peurs de tous bords, appuyant sur le chômage, le communautarisme… comme autant de chiffons rouge. Si vous n’avez pas d’emploi, si l’insécurité grandit, si le terrorisme nous encercle, deux seuls responsables : l’islamisme (entendez, n’importe quel musulman) et l’Europe (comprenez, les autres). Et ça marche. Grâce à sa litanie alarmiste, Marine le Pen a fini par nous convaincre qu’à chaque fois qu’on prend l’avion, celui-ci s’écrase.

Et la France s'étouffe dans cette démagogie glaçante. En fait, Marine Le Pen est ce qu’elle dénonce, une terroriste dont les armes sont les mots de sa virulence. Comme un terroriste tue sans choisir ses victimes, au hasard le plus souvent d’une foule cosmopolite, dans le but de propager la terreur dans une foule hébétée, Marine Le Pen nous dresse un tableau de notre société si terrifiant que l'angoisse tétanisante qu'elle fabrique en nous sert de trône à son pouvoir. Alors on se replie sur soi en espérant que Super Marine, en G.I Joe accomplie, vienne nous sauver. Marine Le Pen, c'est le pompier qu’on adule avant de découvrir qu’il est le pyromane. Trop tard.

Fillon n’est pas loin derrière. Lui traverse les flammes sans qu’elles ne le brûlent. Saint François martyr portant sa croix pour nous délivrer de ses de nos péchés. Et vous savez quoi ? Il va s’en sortir le bougre ! D’autant que la gauche, magnanime vient de lui offrir le super cadeau bonus Le Roux et ses fillettes en job d’été à l’Assemblée.

Nous aurons donc ces deux là au second tour.

Macron, juste derrière, beau perdant se fera les dents pour les prochaines élections. Hamon/ Mélenchon, Mélenchon/Hamon se disputeront les restes. Hamon se fera écarter d'un parti socialiste exsangue et rejoindra les rangs des exilés à l’instar d’une Ségolène à qui on aura bien fait payer d’avoir aussi bien réussi. Mélenchon coulera des jours heureux bercés des vitupérations nécessaires à son organisme d’extra-bileux. A ce sujet, je conseille à tous la vidéo de Mélenchon esquivant la question d’un journaliste, pour ordonner à l’un de ses sbires « dégage moi ça ! ». Dégage-moi ça… Voilà… les journalistes l’auront cherché sans doute oubliant trop souvent que l’info prime sur le spectacle, mais quand même… dégage-moi ça ?…

Et pendant ce temps... Paix aux autres candidats, les « petits » les « obscurs » ceux qui n’auront pu débattre avec les "grands", renforçant l'image d'une démocratie qui l’est de moins en moins.

Oui… c’est vraiment un jour sans…

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