Enough is enough !

Publié le par M.T

Enough is enough !

Il n’aura échappé à personne que je ne suis pas la supportrice énamourée de Monsieur Fillon. Mais jusqu’à présent, ma ligne de conduite a été d’exposer, d’analyser ce que je pouvais, ce que je comprenais et de commenter en gardant la distance sereine et posée du au respect que tout électeur doit à tout candidat, quel qu’il soit. Mais ça, c’était avant.

Hier soir, l’indigne a cédé à l’ignoble. Un Fillon bouffi de hargne, de mépris, de contentement superfétatoire a raclé les bas fonds de l’ignominie. Balayant toutes les accusations qu’on peut lui porter d’un « oui, j’ai fait des erreurs mais qui n’en fait pas ?», Fillon nous a sorti le couplet de la faute avouée, à moitié pardonnée. Et même, dans son cas, totalement absoute ! En surenchère, il a sorti de son ton de fausset le sempiternel «Vous allez me permettre, ce soir, de m’expliquer » qu’il nous sert désormais depuis des mois et qui ne mène à rien. En réponse à tout, de son air dogme, Fillon enfonce le clou au sujet des costumes d’un « oui, j’ai accepté les costumes mais je les ai rendu » Vache, ça c’est de la ligne de défense ! Non mais est-ce qu’un jour Fillon va prendre conscience de ce qui lui est reproché ? Qu’au delà de prouver si il est coupable ou pas, son attitude de refus de la réalité, de déni, de mensonges avérés le discréditent à jamais ? « Qui imagine le Général de Gaulle mis en examen ? » Ha oui ? Et qui imagine se faire élire après avoir sorti autant de grossiers mensonges effaçant à jamais toute crédibilité à son message politique ? Qui imagine qu’en pleine tempête sur les emplois supposés fictifs de sa femme, alors qu’il va être mis en examen, le candidat à la présidentielle ne trouve rien de mieux que d’enfiler des costumes offerts par un avocat sulfureux ? C’est ça la responsabilité d’un futur Président de la République ? Sans même parler de probité, est-ce en ça que réside la cohérence d’un futur haut responsable ? N’a-t-il donc pas plus de jugeote faute d’exemplarité ? Pense-t-il que les français sont à ce point stupide qu’ils n’y verront rien à redire ? Et de minauder en réponse à Pujadas, avec un demi-sourire assez sournois et provocateur au sujet des costumes « …et oui, je les ai portés…hihi… ». Pardon, mais moi, je ne souris plus à ce stade.

Le candidat a cherché alors à recentrer le débat sur son programme et vint l’édifiant et consternant reportage sur les personnels hospitaliers. Regard impavide, Fillon a démontré son indifférence au sort de ceux qui explosant le quota de leurs heures rémunérées se penchent et soulagent chaque jour la misère humaine. Mais Fillon n’en a cure. Fillon s’ennuie.

Et puis arriva ce moment surréaliste où Fillon accusa l’Élysée et nommément François Hollande d’avoir créé un « cabinet noir » destiné à l’abattre lui, ce brave parmi les braves. Tiens ? Mis à part que c’est un coup de sonnette qu’on a déjà entendu outre-Atlantique, l’attaque étant la meilleure des défenses, on ne sait jamais, ça peut marcher ! Et quelle serait sa preuve ? Fillon cite la révélation publiée dans un livre par des journalistes du Canard Enchaîné… Passons sur l’ironie d'un Fillon s’appuyant sur des journalistes du Canard pour accréditer ses dires, là encore, il sera contredit très rapidement par les auteurs eux-mêmes de l’ouvrage.

Alors en désespoir de cause, comme ses pervers narcissiques qui, si vous ne les aimez pas vous culpabilisent, Fillon sort l’arme suprême et, rappelant le destin tragique de Pierre Bérégovoy, insinue qu’il comprend qu’on puisse en arriver à de telles extrémités. L’ignoble est atteint. On ne peut pas tomber plus bas. Et merci à Christine Angot, dont je ne suis pas la première fan, de s’être étranglée de rage pour nous, les français qui en avons marre d’être ainsi méprisés et malmenés.

Alors je vais dire une dernière chose. Ce torrent de boue que vous décrivez ne vous recouvre pas, monsieur Fillon, c’est vous le torrent de boue et vous le faites couler sur notre démocratie. Honte à vous !

Il y a quelques jours, j’étais accablée. Aujourd’hui, je suis révoltée !

Et puis, un moment de grâce...

Car pendant ce temps, sur une autre chaine, un bijou extraordinaire passait. Il s’agissait d’un téléfilm réalisé par Xavier Durringer avec notre si belle et émouvante Line Renaud incarnant une femme, ancienne résistante, venue pour faire justice et laisser éclater une vérité trop longtemps contenue, celle d’un homme qui dénonça et fit tuer 19 adolescents pendant la dernière guerre et qui mena ensuite une vie d’homme respecté et honoré. C’est un téléfilm qui ne paye pas de mine, qu’on pourrait aisément abandonner en zappant sur une autre chaine mais qui porte en lui une force sous-jacente telle qu’on reste à le regarder, happer, et qu’à la fin, on pleure. Le personnage de Line Renaud nous délivre dans une dernière scène anthologique un message vibrant et plein d’un sens puissant surtout de nos jours, celui qu’il ne faut jamais oublier notre passé et qu’à cause de notre présent si malmené, « … il faut rester vigilants, la liberté, c’est fragile… ».

Finissons sur ces mots voulez-vous ?

 

 

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