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A chacun son tour... de vote.

Publié le par M.T

Aujourd'hui, c'est jour de primaire à l'UMP.

 

 

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Demain, c'est jour de résultat à l'UMP.

 

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De la vérité

Publié le par M.T

 

Capture d’écran 2013-05-15 à 15.36.45Dans une démocratie, la politique représente l’expression d’un équilibre entre pouvoirs et contre pouvoirs, équilibre censé apporter à notre société sa richesse en termes de dynamiques intellectuelles, de productions et de diversifications des pensées et de leurs concrétisations. Le fait que s’expriment, à chaque débat, des « pour » et des « contre », forge le principe fondateur de notre République et par là-même de la démocratie, que chacun doit pouvoir s’exprimer librement et être entendu.

 

Le débat, qui est alors initié, induit néanmoins un acte essentiel à sa bonne tenue : que chacun puisse défendre ses opinions dans le respect de l’autre, la contradiction ne devant pas engendrer l’insulte ni le dénigrement de l’adversaire qui doit être combattu avec loyauté en lui opposant comme seul argumentaire valable, la vérité, et rien que la vérité.

 

Cette vision peut paraître aujourd’hui un peu « Lancelot du lac à la poursuite du Graal perdu », mais elle est à mes yeux un des fondamentaux, un pilier, que dis-je, le socle nécessaire à toute relation humaine : que le mensonge ne doit jamais se substituer à la vérité.

 

Et cela à pour moi l’odeur de la colle blanche, lorsque les genoux coincés derrière un pupitre en bois d’écolier, mon doigt crispé sur le bord d’un encrier de porcelaine vide depuis longtemps, dernier vestige des ors de l’éducation à la française, j’écoutais avec stupeur et quasi crainte, la leçon de morale que dispensait une institutrice au regard sévère, les cheveux remontés en un laborieux chignon.

 

Et c’est ainsi que depuis mon plus jeune âge, mon crédo est que le mensonge ne doit jamais et en aucun cas servir une vérité. Comme l’union fait la force, ou qu’on a toujours besoin d’un plus petit que soi.

 

En effet, comment débattre avec égalité si les données et argumentations avancées sont mensongères ? Ici, on cherchera plus à tromper qu’à informer, car si l’on ment, c’est que la pauvreté de son argumentaire y oblige. C’est sans doute une évidence mais on ne ment jamais lorsqu’on a raison, mais bien lorsqu’on veut imposer son tort.

 

Petit exemple « rapide » : Je faisais mon marché l’autre samedi lorsque je fus interpelée par un charmant jeune homme bien mis, qui me tendait un prospectus. Toujours avide de connaître les manifestations de ma commune, je me saisissais du papier pour découvrir avec horreur qu’il s’agissait en fait d’un pamphlet contre le mariage pour tous. Répugnant à lire cette missive nauséabonde, je demandais nonobstant au jeune homme de me donner son argumentaire et m’expliquer pourquoi ce mariage lui faisait problème. Voici ses réponses :

 

- « Le mariage homosexuel est un acte que réprouve la religion ». Je lui fis alors remarquer que mes souvenirs de catéchisme remontait à « Dieu est amour » et que, quoi qu’il en soit, la demande d’ouverture au mariage pour les couples homosexuels n’avait jamais concerné l’Eglise mais bien et uniquement la société civile, et qu’à ce titre, ne pouvait être reproché quelque chose qui n’était pas demandé.

 

- « Oui, mais si on autorise le mariage, on ouvre les droits à l’adoption et cela créera des inégalités chez les enfants ». Là, ne suivant pas très bien cette notion d’inégalités, je lui demandais ce qu’il pensait des enfants de mère célibataire, de parents divorcés, de veufs et de veuves ?

 

- « Oui mais il y a aura, dans le code civil, noté Parent 1 et Parent 2 ». Non, jeune homme, lui rétorquais-je avec douceur, en aucun cas, mais Père et Mère seront remplacés, le cas échéant, par le terme plus générique, « LES PARENTS », point. C’est comme ça et ce n’est pas plus pire que la grammaire qui affirme que le masculin l’emporte sur le féminin. Est-ce qu’on en fait, nous les femmes, tout un foin ?

 

- « Oui mais cela ouvre les droits à la PMA et la GPA ». Non, jeune homme, ces deux points seront traités à part dans un autre cadre et je le prenais pour bien malhonnête d’argumenter sur ce qui n’était pas, encore une fois, inscrit dans cette loi.

 

- « Oui mais ils le feront ». Je notais d’un petit sourire le « ils » et son affirmation sans aucun fondement, puis tentais de revenir au sujet, lui demandant de prendre en compte la notion d’amour qui motivait cette demande d’ouverture au mariage.

 

- « Oui mais on ne se marie pas par amour ! ». Là, je dois bien avouer, je fus déstabilisée. Vous ne vous marierez pas par amour jeune homme ? « Non madame »… Oups, je plaignais d’avance la future épousée.

 

- « Et même que, si on se mariait par amour, alors deux enfants de huit ans qui s’aiment pourront se marier, c’est ça que vous voulez, madame, qu’on puisse marier deux enfants de huit ans ?! ». Les yeux écarquillés devant cet aplomb, je demandais au jeune homme s‘il était sérieux, celui-ci me jurant que rien, dans la loi, si elle était modifiée, ne pourra alors prévenir de ce type d’union… et, tapant de son petit pied le pavé de la place du marché, de me renvoyer avec arrogance au code civil !... code civil où le jeune home avait de toute évidence zappé l’article 144 qui stipule : « Le mariage ne peut être contracté avant dix-huit ans révolus » et « ni par des frères ou sœurs ». Ouf !

 

A ce stade, je compris que le discours de notre jeune homme était tout sauf basé sur la véracité de ses propos et que son but était la désinformation, la diffamation, le désordre, ses mensonges palliant à un manque total d’argumentaire solide.

 

Avait-il pour autant tort de mentir ?

 

C’est là tout le paradoxe car il faut bien admettre une chose terrible, c’est que mentir, quand on le fait avec véhémence, dans la répétition, suffit bien souvent, dans le nuage d’incompréhensions et d’approximations que cela soulève, à imposer dans les esprits un doute, une déstabilisation qui favorisent alors le travail de sape des « contre ». En gros, c’est comme taper sur un clou sans nécessité. Il finira quand même par s’enfoncer. Et c’est ainsi que la mer au rocher, à coup de butoirs inlassables, finira par faire effondrer tout ou partie de la falaise. C’est juste une question de temps, la répétition étant faite pour vous décourager et amoindrir le poids de votre vérité en la noyant dans votre propre discours de défense.

 

Car celui qui se défend à forcément quelque chose à se reprocher… CQFD !

 

En justice, ne dit-on pas que « La meilleure des défenses est l’attaque ? ».

 

Et bien malheureusement, force est de constater que celui qui tire le premier à bien souvent un métro d’avance sur l’autre et peu importe si cette ligne n’existe pas. Il faut alors, pour apporter la contradiction et faire triompher la vérité, un courage sans nom. Essayez donc de maintenir la tête hors de l’eau quand on vous a enterré dans le sable à marée basse alors que vous vous étiez prêté au jeu en toute confiance et que la mer montant, on vous y laisse.

 

Se battre contre le mensonge nécessite de se concentrer sur des débats iniques et bien souvent vains dans la volonté d’en démontrer d’abord la fausseté. On ne peut plus alors arguer de sa propre vérité, l’expliquer, la faire connaître, en souligner la pertinence mais au contraire, on s’en éloigne dans l’énergie concentrée d’avoir à prouver que l’autre ment. Là est toute la subtilité d’utiliser le mensonge comme arme de guerre en ce qu’il noie d’informations fausses qu’il faut contredire, pire, qu’on met ainsi en lumière, à les évoquer inlassablement, au détriment d’avoir la possibilité d’un dialogue constructif, étayé de bases saines. On s’éloigne ainsi du fil du sujet initial pour un combat inefficace et stérile ou il s’agit principalement, perversion ultime, en tentant de prouver que les dires de la partie adverse sont mensonges, de leur donner corps et ainsi d’en disséminer nous-mêmes le message, tel le pollen collant aux pattes de l’abeille butineuse.

 

Et croyez-moi, tout ceci me bouleverse, moi qui est toujours eu foi en une humanité incapable de ce type de perversité, dans une tendance naïvo-crédulo-bisounours de penser, croix de bois, croix de fer, si j’mens, j’vais en enfer ! Mais il faut bien dorénavant me confronter au pire de l’abjection humaine, à cette volonté de destruction où tous les moyens sont bons, surtout le mensonge, dans la facile négation de tout droit par l’arbitraire du dire contre le fait, sans pour autant jamais perdre de vue que ces mensonges perpétrés par de petites gens dénués d’âme les disqualifient de leur propre humanité et que, quoi qu’il advienne, ils n’auront pas la mienne.

 

Car là réside sans doute la vraie victoire, non pas de prouver que l’on a raison contre l’arbitraire, la vie finit toujours par retrouver les siens, mais bien de ne jamais, soi-même, sombrer dans l’utilisation de ces armes que sont l’affabulation et l’hypocrisie, le mensonge et la dissimulation, pour défendre dans la plus grande transparence et une honnêteté sans faille, son idéal, sa vie et ses valeurs. Moi, c’est à cela que je crois. Que dieu est amour, que le mariage est pour dire oui à la femme que j’aime, et que toujours mon honnêteté, envers moi, envers les autres, n’a pas à être travestie pour arriver à ses fins.

 

Alors que les jeunes hommes des marchés continuent de s’empourprer qu’on veut faire croire à un enfant de couple homosexuel qu’il serait né de deux pères ou deux mères ou qu’il y a des ovocytes dans les testicules...

 

Alors que les menteurs continuent de penser qu’ils bâtissent, en toute impunité, leurs propres vérités.

 

Moi je dis… pauvre type, pauvres gens.

 

 

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