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De quelle couleur sera ton bonnet ?

Publié le par M.T

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Il n’aura échappé à personne qu’ici, la question ne se réfère pas à un choix de modeuse ou autre shopping addicted, ni ne fait référence à l’arrivée fulgurante et neigeuse d’un hiver qui s’annonce bien frisquet, mais se pose en tant que nouvelle expression de ses convictions politiques, la tête devenant non plus réceptacle mais support. Et voilà ce petit accessoire laineux encore si ringard il y a peu, couvre-chef généralement enfoui au fond de nos poches et qu’on ne sortait, au pire, que lors de ballades montagnardes frileuses, en passe de devenir le complément fétiche et incontournable de tout mouvement politique ou sociétal. Bien enfoncé sur notre tête, le bonnet nous signe, nous signale, nous catégorise. On ne réfléchit plus, on arbore. On ne débat plus, on affiche. Et c’est désormais moins le slogan que la couleur qui impose. Il y a donc urgence à bien la choisir.

 

Par exemple, le mien a toujours été rouge pour ce côté petit lutin facétieux qui s’harmonise parfaitement avec mon teint. (Oui, parce que chez moi, l’été, le nez est rouge, l’hiver, ce sont les pommettes). J’ai donc clairement une prédestination à l’écarlate. Mais que faire cet hiver ? Ressortir de mon placard ma petite calotte flamboyante au risque de passer aussitôt pour une esclave du patronat breton ou une casseuse de portiques ? That is the la question…

 

Parce que voyez-vous, je ne suis ni l’une ni l’autre. Mes convictions politiques ne m’ont jamais poussée à me joindre aux voix patronales et je n’ai de bretonne que l’amour de cette magnifique région. Quant aux fameux portiques, pendant toutes leurs installations sur nos routes secondaires, je les ai confondus avec des radars nouvelle génération, pilant à chacun de leur passage ce qui m’a valu nombre d’appels de phares furibonds de voitures me suivant et ne comprenant pas ma subite manœuvre.

 

Alors le rouge, cette année, pour moi, c’est foutu.

 

Et le vôtre ? Le sera-t-il, ou rose, bleu, noir ?.... Dans quelle catégorie allez-vous, de fait, accepter d’être inclus ? Car vous n’y échapperez pas. Aussitôt l’objet du délit posé sur votre tête, vous serez dès lors catalogué : extrême gauche, extrême droite, catho, moniteur d’équitation, chauffeurs livreurs…

 

Maintenant, il peut rester l’humour comme dernière pirouette. Figurez-vous que mon propre père, né en région parisienne de parents lorrains et vivant dans le sud de la France, arbore lui-même un joli bonnet rouge, oubli malencontreux de ma part l’hiver dernier. Faisant ses courses, l’homme fut alpagué par un autre client s’écriant : « Tiens, un breton ! ». Mon père, alors, ôta de sa tête son couvre-chef recouvrant une calvitie depuis longtemps avancée, s’excusant : « Non monsieur, un chauve… »

 

Oui… Avoir chaud aux oreilles, cet hiver, ne va pas être simple !

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L'art de la procrastination

Publié le par M.T

Ne jamais remettre à demain ce qu’on est capable de faire le jour même.

 

Et s’il n’en a pas été ainsi, si rien n’a été fait, faut-il pour autant abandonner ? Sans doute, car la motivation ne se remet pas. Elle est ou elle n’est pas. Pourquoi demain serait-il plus favorable, propice ou volontaire ? En quoi serions-nous plus audacieux le lendemain que le jour même ? Quelle serait cette force qui apparaîtrait a posteriori en décalage de l’initiative ? Je décide aujourd’hui, je ferai demain ? Et bien, non, cela ne marche pas, cela ne marche jamais comme cela. Sois tu fais, sois tu oublies de faire. Car si « la force n’est pas en toi », il n’y a aucune raison pour qu’elle le soit plus tard. Combien de projets ajournés à cause de ce processus qui consiste à croire que ce qu’on est incapable d’initier à l’instant même sera rendu possible un autre jour par je ne sais quel miracle du à une latence productive ? Non, l’attente n’est que passivité. Elle ne crée rien. Elle enterre.

 

Attention, que les choses soient claires. Je ne parle pas là de projets dont la réalisation dépend de raisons ou de causes extérieures, bien entendu, de type : Je me lance dans un tour du monde à la voile mais j’attend la fin de la tempête avant de partir. Faut pas être idiot non plus. Si je suis peintre, je ne vais pas envoyer mon œuvre dans la première galerie venue avant que le vernis ne soit sec. Nan. En revanche, il est clair que si l’initiation de l’action dépend de moi et uniquement de moi, sans aucune autre contingence que d’avoir tout bonnement à commencer, pourquoi alors attendre pour faire le premier pas ? Pourquoi remettre à demain ce qui ne gagne rien à atermoyer ?

 

Pourquoi je vous parle de cela aujourd’hui ? Pour ne pas attendre demain. Haha… Non, parce que je suis une procrastinatrice de première. A savoir que frappée depuis mon plus jeune âge de procrastination, j’ai une fâcheuse tendance à remettre au lendemain les choses que je pourrais faire le jour même. Je suis ainsi devenue une experte du report, une as du différé, la spécialiste de la remise à plus tard.

 

Entendons-nous bien. Ce n’est pas que je n’agis jamais, bien au contraire. Mes décisions de vie les plus importantes ont toutes été prises et effectuées avec rapidité et énergie, parfois même je dirais avec une fulgurance frisant l’inconscience quand, et c’est là où le bât blesse, je peux passer des heures, des jours voire, avouons-le, des années à attendre le moment propice pour effectuer un acte que n’importe qui d’autre effectuerait dans la foulée. Un exemple ?

 

Si je n’ai pas dans mon travail une date butoir, autant vous dire que je vais attendre le dernier moment pour m’y mettre. Je me souviens comment, gamine, je voyais venir l’échéance des journées de contrôles, à l’école, avec une espèce d’aveuglement serein me faisant croire que je m’en sortirai très bien et que j’aurai largement le temps pour mes révisions. Ce n’est pas que j’étais stupide au point de croire que quelques heures d’étude, la veille, me permettraient de combler mes lacunes. J’ai toujours été consciente du temps qu’il fallait pour apprendre et assimiler des connaissances en ayant toujours la parfaite notion que la veille pour le lendemain n’y suffirait pas. Non, c’est plutôt que je pensais dans un inconscient éthéré que le temps – pour cet exemple, celui nécessaire à l’apprentissage – aurait toujours la même valeur, la même durée comme si je pouvais le comprimer dans une pièce tel un gaz et l’utiliser, dans son intégralité, au moment où je l’aurai décidé. Pour être claire, si je savais qu’il me fallait trois jours pour assimiler une règle en géométrie ou mémoriser la chronologie d’une bataille napoléonienne, j’attendais invariablement la veille pour appréhender la leçon, comme si je pouvais alors, en douze heures, faire le travail de 36. Le pire, c’est que je m’en sortais toujours. Oh bien sûr, rarement avec les félicitations du jury mais bien plutôt avec l’inévitable et récurrente mention « Peut mieux faire ». Mais oui, pourquoi me serais-je donnée la peine de l’effort planifié alors qu’un sursaut de dernière minute suffisait à me maintenir sur la vague ? Et bien sans doute, si je l’avais compris à l’époque, pour ne pas me laisser enfermer dans une attitude qu’on pourrait définir aujourd’hui comme paresseuse, ou nonchalante et que je traduis moi, donc, par procrastination, cette tendance à remettre à plus tard les décisions et plus particulièrement, dans mon cas, leur mise en œuvre.

 

Et puisque nous en sommes à l’image reflétée par cette volonté atermoyante, j’aimerai juste préciser qu’il n’y a aucune facilité à procrastiner. Non, bien au contraire, cela demande beaucoup d’énergie à toujours réfléchir à ce que l’on va faire, à comment on va le faire, et quand on pourrait bien commencer le faire. Vous n’avez pas idée du boulot que c’est, de la force que cela réclame de toujours différer pour enfin faire, dans l’urgence, au prix d’un effort surhumain ce qu’une petite semaine de travail rondement menée aurait suffi à porter à son terme. C’est exténuant, tuant de passer de cette sorte de déprime passive à une action désespérée qui vous laisse exsangue et échevelée et vous balance alors sans précaution contre un second mur, une seconde procrastination tout aussi terrible que la première : en finir !

 

Parce quand vous avez mis autant de temps à commencer, vous allez en mettre autant à arrêter.

 

C’est bien là tout le drame du procrastinateur qui réside dans cette attitude à attendre le dernier moment pour faire, pour ensuite, ne plus vouloir lâcher le morceau et revenir sans arrêt, telle une Pénélope obsessionnelle, à son ouvrage sans jamais réussir à le terminer.

 

Voilà, telle est ma tragédie, ma souffrance et qui pourrait faire de ma vie une déroute si je n’avais en moi ces fulgurances absolues et vitales qui soudain me font plonger dans une capacité de travail stakhanoviste, avec la force d’un taureau aveugle, propulsé de son chiquerro, cette cellule obscure dans laquelle il attend le combat, au milieu d’une arène au sable éblouissant, près à se battre pour sa vie jusqu’à la mort.

 

C’est ainsi que je m’éloigne du pire, celui de ne pas avoir fait, sans m’éviter le moindre, celui d’un travail qui aurait pu être meilleur. Mais c’est pas ma faute à moi. C’est la faute à Corneille ! Ben oui, parce que comme n’importe quel psy qui vous dirait que votre état vient d’un trauma de votre petite enfance (petite parenthèse : ils sont quand même trop forts ces psys d’aller vous faire chercher un souvenir à un moment de votre vie dont vous n’avez aucune mémoire), il faut bien que je fasse surgir de mon émoi sous-jacent LE moment marquant qui a initié mon incapacité à anticiper ou ne serait-ce qu’à faire les choses tant que  j’en ai largement le temps. 

 

Et pourquoi Corneille me direz-vous ? Mais parce que Le Cid ! Et ce vers appris par cœur et qui depuis le ronge : « Et pour leurs coups d'essai veulent des coups de maître ». Oui, il y a tapi au fond de moi un cheval d’orgueil qui m’entraine dans des courses effrénées à la gloire mais se prend invariablement les pieds dans les obstacles les plus divers, allant de l’angoisse à la honte, de la dépréciation au manque de confiance, et qui débouche au final, passé un retard au démarrage, à la peur d’aboutir. Parce que qui dit aboutissement, dit jugement, une mise en valeur entre ce qui est bien, ou ce qui est mal, ce qui fonctionne ou ce qui est raté. Et l’idée de l’échec, à elle seule, me couperait toute envie d’en découdre. « Parce que pour mon coup d’essai, je veux un coup de maître ». Et que dans le doute, je m’abstiens.

 

Pourtant, il en faut de l’énergie pour ne pas commencer. Chaque jour, il faut me trouver une multitude de raisons ou de déviations pour ne pas me mettre à mon ouvrage, me garder la tête sous l’eau au risque de m’asphyxier et mourir d’inertie là où un bon combat bien mené m’eût amenée à la félicité. Car il y a du masochisme à ne pas vouloir avancer, presque une volonté suicidaire à surtout ne rien faire qui pourrait faire sembler vivant. Parce que la vie est dans le mouvement, pas dans l’arrêt sur image. Voyez par exemple tout ce travail que je me donne à vous expliquer pourquoi… je ne peux pas travailler !

 

C’est comme pour un régime. Depuis le temps où je me dis que je devrais en commencer un et où ma seule action consiste à noter sur un calendrier un planning dégressif de mon poids à perdre, si je l’avais effectué alors, j’aurai au minimum été lestée d’une bonne soixantaine de kilos ! Non pas que j’ai autant à perdre, je vous rassure, mais j’aurai et depuis longtemps atteint mon poids confort et une silhouette enviable. Mais non, je continue d’égrener sur mes calendriers chaque kilo que je pourrais perdre, par semaine, par mois pour me rendre compte, là où il aurait du prendre fin, que moi, j’en avais surtout pris plus. Parce que la procrastination, ça angoisse, et que l’angoisse c’est du stress et que le stress… fait grossir !

 

Dans mon travail, j’ai placé à côté de moi, sur le mur de mon bureau, les prochaines deadlines auxquelles je suis soumise : 7 décembre 2013, 1er décembre… ca va, j’ai le temps, d’autant que j’ai déjà rayé les 7 octobre et 27 septembre pour cause de dépassement. Et bien croyez-moi si vous voulez, mais chaque matin que dieu fait (et les autres), je jette un œil à ces dates, satisfaite, en me disant que jusque là, tout va bien alors que vous l’aurez compris, écrire un best seller, deux nouvelles, une chronique culturelle, un roman historique et un polar sentimental, le tout en dix semaines, ça va sans doute être un peu compliqué.

 

Mais voilà où résident le cœur et le nœud de ma souffrance, que tant que la limite n’est pas atteinte, le temps m’apparaît délié à l’infini et ne jamais vouloir prendre fin.

 

Donc j’en ai encore un peu pour vous écrire ceci! Et pour vous dire que, s’il ne faut pas remettre à demain, donc, ce qu’on peut faire le jour même, il est tout aussi inutile de remettre au lendemain, ce qu’on a été INcapable de faire le jour même.

 

CQFD, je vais me recoucher, après tout, ce n'est peut-être pas si grave...

 

 

 

 

 

 

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Quand j'apprends que Tibéri est toujours maire du 5ème !

Publié le par M.T

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Aujourd'hui, j'en ai marre

Publié le par M.T

munch_TheScream_big.jpgAujourd’hui, j’en ai marre.

 

Marre de la vie, marre de la mort. Marre de ce monde qui nous entoure sans plus de préoccupation que celle de l’intérêt personnel. Marre de ceux qui seront systématiquement contre les pour. Marre de ceux qui ne seront jamais pour les contre. Marre des clivages, du mépris et du foutage de gueule. Marre de ces « politichiens » qui se pâment devant les caméras, s’horrifiant d’avoir reçu une giclée de bombe lacrymo. Marre de ceux qui crient au fascisme à la moindre proposition mais se taisent devant les dictateurs qui gazent sans scrupule leur propre population. Marre de ceux qui veulent changer le monde. Marre de ceux qui s’en contentent. Marre du silence. Marre du bruit. Marre de l’injustice. Marre du manque de justice. Marre de moi. Marre des autres.

 

Aujourd’hui, j’en ai marre.

 

Marre de la mouche qui bourdonne. Marre du linge qui ne sèche pas. Marre du soleil qui m’éblouit. Marre de la chaussure de marche qui heurte mon orteil. Marre du café qui sort trop chaud de la cafetière. Marre du café qui refroidit trop vite dans la cafetière. Marre de la chaussette unique. Marre du pantalon qui a une tache quand on veut le mettre. Marre du réseau téléphonique qui fout le camp quand on a « besoin » d’appeler. Marre de la côte de bœuf qui brûle. Marre de mon voisin. Marre d’avoir une mycose quand j’ai un plan cul. Marre du beurre qui a une odeur de frigidaire. Marre de la prune qui rend trop de jus. Marre de la nuit qui tombe trop vite. Marre du jour qui se lève trop tôt. Marre de la bouteille à moitié vide quand elle devrait être pleine.

 

Aujourd’hui, j’en ai marre.

 

Marre du manque d’amour. Marre de trop aimer. Marre de l’indifférence. Marre de l’empathie. Marre d’être gentille. Marre de vouloir être méchante. Marre qu’on ne me réponde pas quand je questionne. Marre qu’on me questionne quand je ne veux pas répondre. Marre des sentiments. Marre de la froideur. Marre des emmerdeurs. Marre des conseillers qui ne conseillent pas. Marre des conseils qui ne vous sont pas conseillés. Marre du cœur qui bat. Marre du cœur qui s’arrête. Marre de continuer. Marre de me figer. Marre d’écrire quand il faudrait me taire. Marre de me taire quand il faudrait que je crie. Marre de me contrôler. Marre de me perdre. Marre de m’entendre dire ce que je devrais faire. Marre de faire ce que je ne dirai pas.

 

Aujourd’hui, j’en ai marre.

 

Et pourtant, et pourtant… que la montagne est belle… que les poètes sont prophètes… que le rire est un soulagement … que la vie est belle… que le ciel est bleu… que l’amour est pur… que la jouissance est profonde… que ces yeux sont doux… que ces bras sont grands… que sa bouche est baisers… que sa force est en moi… que le temps est précieux… que l’oubli est sage… que le pardon est bon… que la main tendue est franche… que l’amitié sauve… que le vrai est d’or… que l’erreur est une leçon… que la vie est de vagues… que la mort, une mer… que l’espoir est au bout… que le Sphinx, une vérité… que l’après est présent… que le présent est multiple… que le futur en est digne… que l’horizon est une étape… que l’inconnu est une joie… que le bonheur est un choix…

 

Et pourtant, et pourtant... aujourd’hui, j’en avais marre.

 

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Week-end du 15 août

Publié le par M.T

On est en été… ce sont les vacances, qui plus est, la veille du long week-end du 15 août, celui par excellence où vraiment tout s’arrête, où les RTT battent leur plein et où il est bon de se rappeler, lorsque l’on est urbain, au bon souvenir des potes qui ont eux une maison à la campagne ou mieux, au bord de mer (sinon, avec piscine ça marche aussi !). C’est donc bientôt l’heure de l’apéritif en terrasse, des crêpes chaudes ou du pain bagnat, et d’un odorant barbecue rythmé par le cristallin tintinnabulement des glaçons qui s’entrechoquent dans un verre de rosé. La vie quoi, le bonheur, et la douceur. Alors, évidemment, si j’arrive en vous reparlant des sujets qui (me) fâchent… vous allez me faire la gueule ?... non ?...

 

Non parce que faut vraiment que je vous parle de quelque chose, là. Je lisais ce matin le Libération de samedi (faute d’avoir eu le temps plutôt pour cause de présence d’urbains du premier paragraphe), dont je rappelle la Une du week-end dernier : « Anti-Mariage Gay, au secours, ils reviennent ». Perso, je n’avais pas vraiment vu qu’ils étaient partis mais je partage l’angoisse de mon pain journal quotidien devant le remue-ménage de petits monstres à grosses têtes, bons cathos intégristes ou disons justes bornés, refusant de quitter le devant de la Lumière Eternelle et qui pour rien au monde ne « lâcheraient » leur combat. C’est vrai qu’ils tiennent là une nouvelle croisade et que ça, d’aller sus à l’impie, ça leur plait.

 

L’article nous narre l’extravagante aventure de nos preux chevaliers, une bonne petite dizaine, bravant tous les dangers sur un bout de trottoir d’une sous-préfecture. Ceints de leur armure sweat-shirt en cotte de mailles jersey bleu layette et rose, ils sont là pour veiller (à 16H30 ?...), et surtout « ne rien lâcher », magnifique slogan seul à avoir survécu à leur mouvement printanier. Donc voici nos gais fervents, petite bougie de table Ikea à la main, près pour une heure de « veille » à l’heure du goûter, assis sur leur bout d’asphalte, les uns par terre dans un laisser aller tout de scoutisme retrouvé, les autres sur une petite chaise de plage, parce que le sol est bien bas ma brave dame. Interrogés par une journaliste, ils clament que leur mouvement ne s’arrêtera pas, qu’ils iront jusqu’au bout (c’est à dire le retrait de la loi sur le mariage et l’adoption pour les homosexuels) et qu’ils resteront là le temps qu’il faudra, enfin, qu’ils reviendront en septembre parce que là, c’était leur dernier jour vu que c’est les vacances et que le week-end du 15 août, c’est quand même sacré. On va pas non plus obliger la grand-tante Marie-Josèphe ou la cousine Odette, celle qui ne s’est jamais mariée, à découper le gigot en pleine rue. Non, même Dieu s’est reposé alors, à son image, on va vite rejoindre, sitôt l’interview terminée, la grande maison familiale de Tagardez-Les-Ploucs. Mais pour l’heure, on prie avec ferveur dans l’espoir d’essaimer ses revendications et que l’impie, enfin entendant raison, se repente à jamais, c’est-à-dire, que la République annule une loi votée à la majorité, adoptée et promulguée par les deux institutions garantes de notre démocratie, l’Assemblée Nationale et le Sénat, le tout dans une paradoxale mais néanmoins farouche haine de l’autre alors que leur propre Dieu référent est amour. Il doit se sentir bien seul le pauvre !

 

Je voulais ainsi souligner le fonctionnement de cette machine céleste qui en appelle, faute d’argumentaires réels et concrets, aux peurs ancestrales, à la Résistance contre l’envahisseur, et prône une espèce de droit supérieur de la nature légitimant l’insurrection face aux lois de la République. Je rappelle ici la position du sieur Mariton, rendant visite à saint Nicolas B, incarcéré pour participation à une manifestation non autorisée et rébellion envers les forces de l’ordre, ce qui, sous un gouvernement de droite, l’aurait catalogué dans la case petit gauchiste par le même sus-nommé député, mais en fait ici, non rien de moins qu’un martyr. Et nos cathos de nous brandir Sodome et Gomorrhe, la Chute de Rome, toute une présumée décadence comme arme de destruction massive. Car ici, si on prie, c'est pour sauver la Civilisation d’un changement qui l’autodétruirait. Et oui, vous ne le saviez même pas, vous, petits égoïstes déjà partis sur d’autres sujets mollement alanguis dans le creux de votre transat, il y a un complot contre l’humanité, celui du lobby arc-en-ciel contre le rose bleu layette ! Et j’en ferai donc partie, moi, lesbienne devant l’Eternel, ourdissant, à les entendre, la fin de l’Humanité, alors que je promène le caniche de la grand-mère du dessous qui préfère ne pas sortir quand il fait trop chaud. Parce que c’est nous les méchants ! Et que pour le croire, et bien il suffit de le dire.

 

Entendez l’une de ces combattantes affirmer avec le plus grand des sérieux, comme un croyant se doit de l’être devant un dogme : « Je suis mariée depuis trois ans et je ne peux pas avoir d’enfant. C’est aussi pour ça que je suis ici, je trouve que c’est injuste que des gays qui ne sont pas stériles puissent en avoir immédiatement sans devoir se justifier »… Voilà donc pourquoi cette dame est dehors. Par rancœur et par vengeance et prête à tout pour nous punir de sa faute originelle. Alors moi je lui dirai bien à cette dame que si elle ne peut pas avoir d’enfant, c’est la volonté de Dieu qui lui a envoyé cette épreuve et que donc, soit elle ferme sa gueule, soit elle change de religion ; qu’ensuite, dans ce débat de société, ce n’est pas la stérilité qui est en jeu, mais juste le droit, pour tous, d’élever un enfant dans un cadre légal, réglementé et protecteur; et qu’enfin, il est évident car républicain que rien n’a été prévu dans la loi pour favoriser qui que ce soit, contrairement à ce que notre pieuse héroïne affirme. Mais le lui faisant remarquer, notre Jeanne de l’Arbalette  a alors un argument de choc : « Vous savez très bien que c’est un mensonge, la loi le dit implicitement ».

 

Et oui mes chéri(e)s, si les voies de Dieu sont impénétrables, celles de la loi seraient modifiables, déformables, adaptables en fonction de ses positions et que si rien ne n’y trouve de probant pour étayer ses dires, il suffit alors d’affirmer que ça existe quand même, dans une espèce de double affabulation qui consiste à mentir pour prouver que la vérité est fausse. C’est un peu compliqué mais diablement efficace. Car je l’ai appris depuis peu dans la procédure judiciaire que ma charmante Ex m’a foutue sur le dos après rupture, la vérité, on s’en fout. Dites des mensonges, il en restera toujours quelque chose. En effet, même si votre affabulation est reconnue en tant que telle, elle aura été entendue et tel le vert dans la pomme, aura laissé son petit chemin de pourriture en diffusant un léger parfum d’amertume. Et de l’ôter n’y changera rien. Le fruit en conservera la cicatrice et le goût.

 

Maintenant, il y a peut-être une seule chose à faire pour enfin reléguer ces religieux arbitraires et fanatiques aux abymes infernales d’où ils n’auraient jamais du sortir, et c’est le président américain, tel un Messie qui s’ignore, qui nous montre le chemin. Suite aux demandes de boycott des JO de Sotchi, (et si on se rappelle qu’on n’a rien pu faire pour ceux de Pékin, il y a à parier qu’il en soit de même pour ceux-là), Obama aurait ironisé par cette phrase : « Si la Russie n’a pas d’athlètes gays ou lesbiennes, son équipe n’en sera que plus faible ». Et si c’était ça, après tout, la solution ? Laissez nos homophobes nationaux agiter leur layette bleue et rose en les renvoyant à leur propre catéchèse, leur rappelant que cette dernière ouvrait à l’intelligence et non l’obscurantisme, à la connaissance et non au rejet de l’autre, bref, à l'amour, quoi.

 

Trop intellectuel ? Non, j'ai trouvé mieux !

 

 

 

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Touche pas à ma baguette !

Publié le par M.T

article baguette

 

Non mais c’est quoi ça ? Y’en a vraiment qui veulent m’agacer alors qu’il fait (enfin) beau, que la mer est (presque) sans algue et que j'ai les doigts de pied en éventails ? Non mais, je vais les pulvériser moi, façon puzzle comme préconisé dans notre cinéma de notre exception française ! Oui monsieur,  parce que je suis française moi madame ! Et que je veux bien supporter toutes les ironies persiflant sur notre beau pays, y’a des choses, c’est sacré, tu touches pas ! Et la baguette, ça, c’est no way ! Capisce ?

 

Figurez-vous qu’alors alanguie sous l’ombre de mon parasol, je laissais mon esprit vagabonder avec nonchalance sur les colonnes d’un journal abandonné par mon voisin parti se chercher quelques churros. Mon regard se figea alors sur un article qui me mit instantanément le sang en ébullition au point de m’interdire toute baignade sous peine d’hydrocution. Le journal, anglais, provenance confirmée par le teint rougeâtre de mon voisin de plage à qui j’aurai volontiers conseillé, plutôt que des beignets gras, d’acheter la fin de stock de Biafine chez le pharmacien, le journal, donc, pas mon voisin écarlate, livrait d’un style des plus affectés la révélation suivante: «La brillante réputation de la France en matière de gastronomie est en train de tourner à la plus grande farce de l’humanité.» Et pourquoi donc tant de haine?! Et bien parce que nous, français de souche, nous mangeons moins de pain…

 

Non mais de quoi je me mêle ?! D’abord un : tu veux que je te rappelle, outre-Atlantique outrecuidant, ce que tu mets dans ton hamburger ?! Alors, camembert ! Et d’abord deux : je mange peut-être moins de pain, vrai, mais c’est du bon, fait de blé mûri au soleil, de souche certifié et pas génétiquement modifié ! Et ma jolie baguette quotidienne (quoi que tu en dises) provient de la boulangerie de mon quartier de là où j’habite qui te sort, à 18H00 tapantes, la plus croustillante et appétissante Tradition que ton esprit abscons ne saura jamais imaginer. Et Tradition ici ne se réfère pas aux soirées, même festives, initiées par une Marie-Antoinette décomplexée.

 

Cerise on the cake, pour bien faire sérieux, le journaleux nous révèle alors sa source, celui qui, de par ses études et réflexions, vient de faire cette incroyable révélation. Il s’agirait ni plus ni moins que du grand spécialiste gourou de la baguette... Hum, hum... mais qui donc cela peut-il être ?... Marcel Lamiche ? Lucien Croûte ? Germain Lamie ? Non, M. Steven L. Kaplan. Ha, vous voyez, vous êtes comme moi. C'est qui lui ? A mon avis, il doit être le cousin du non moins grand auto-proclamé spécialiste du vin, tout aussi anglo et saxon, qui  nous fait la pluie et le beau temps sur nos crus bordelais devenus, grâce à ses critiques éclairées, un breuvage informe avançant désormais un sacré goût de bois qui aurait carbonisé celui du raisin. Comme si le fin du fin en gastronomie, c’est que l’aliment n’ait surtout pas le goût de ce qu’il est. Mais notre spécialiste es baguette n’en reste pas là et continue son étude en nous balançant, non sans une pointe d’ironie, qu’ «Ici, le pain est servi avec chaque repas mais, assez curieusement, sans beurre, ce qui me conduit à penser que les Français considèrent le beurre comme quelque chose à mettre dans autre chose, pas sur autre chose». Je pense que le gaillard expert n'a jamais poêllé des Saint Jacques... à moins qu'il veuille nous faire croire qu’en France, le beurre, on ne l’utilise que façon « Le dernier Tango à Paris » ?! Et puis, quand on a fini, on se met la baguette sous le bras, le béret de travers et on se dirige vers les toilettes à la turc au fond du jardin !

 

Pfff…. Allez, qu’il aille donc reporter sur le prochain concours de mangeur de hot-dog et qu’il nous laisse tranquille, nous, et notre gastronomie déficiente ! Quant à moi, c’est mort. Je n’irai pas me baigner ce soir. Allez, pas grave, je vais me consoler avec un tartine de rillettes, tiens !

 

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C'est l'été et tout va bien !

Publié le par M.T

Et oui, vous l’aurez remarqué, ce sont les vacances mes chéri(e)s et notre douce France s’alanguit sous la moelleuse torpeur d’une canicule bien venue. On n’y croyait plus trop et puis finalement, adios le printemps de merdouille, glabre et froid, englué de révoltes réactionnaires nauséeuses aux couleurs bleu layette et rose électrique, place au soleil ravageur, bien jaune et franc accompagnant un mercure érectile qui défie avec vigueur la moiteur de matinées encore chargées de lascivité nocturne. Bref, il fait bon, il est chaud, la vie coule comme une chanson…

 

C’est parfait, c’est génial et même si d’aucuns s’en plaindront forcément parce que tout le monde ne peut pas aimer le ressenti puissant d’un 33° à l’ombre d’un immeuble surchauffé, comment ne pas apprécier à sa juste valeur cette suffocation de fournaise qui nous transforme en petits pains dorés ? Applaudissons le retour des évanescentes robes liberty qui dessinent si agréablement de subtiles silhouettes féminines. Ovationnons les placards durablement fermés sur les pantalons lourds, vestes laineuses et autres cabans qui masquaient nos désirs libertaires. Quittons nos petits appartements dans lesquels nous nous étions frileusement réfugiés en solitaire pour combattre les rigueurs entêtées d’un hiver opiniâtre, pour enfin nous laisser envahir par l’allégresse communicative qui frise sur le pavé de nos villes surprises de tant d’animation soudaine. Ah, qu’il est doux de ne rien faire, de se laisser porter, glisser, déambuler jusqu’au plus profond de la nuit sur une petite bande de bitume collante. Qu’il est convivial ce petit verre partagé sur des terrasses bruyantes où chacun s’interpelle, sans se connaître, dans l’empathie de ces sensations vécues par tous. Car avoir chaud crée du lien quand le froid nous contraint à notre propre solitude. Le chaud moite de nos logis nous entraîne dehors, vers un extérieur qu’on présume plus frais, tout au moins plus aéré, et nous convainc à nous retrouver, à nous agglutiner les uns contre les autres dans un joyeux brouhaha festif.

 

Et là soudain, une résonnance bizarre nous entoure, quelque chose de nouveau, d’étrange de presque indécent : C’est soudain comme si tout allait bien ! Pas de drame en vue, le Tour de France a été un succès, les medias sourient, Pujadas a pris ses vacances et Jean Pierre Pernaut nous viendrait presque en short pour présenter son journal et nous répéter, à travers de folkloriques reportages, que la France est bien belle mon petit monsieur ! Ben oui, c’est bien connu, en juillet et août, tout va bien !

 

Pour preuve, Kate, pardon, la Duchesse de Cambridge, nous a mis au monde un joyeux bambin dauphin et la planète entière de s’ébrouer de joie ! Alleluya ! Il est né le divin enfant ! Après ces semaines d’attente torrides, (de pas la chaleur, honni soit qui mal y pense !), les peuples du monde entier peuvent enfin clamer leur bonheur pour savoir, désormais, que l’avenir royal de l’Angleterre est pourvu pour 3 générations ! Pendant ce temps, à Rio, François se ballade dans les rues acclamé lui par une foule de jeunes croyants en liesse. Notre Pape, pour son premier long voyage, a choisit de revenir dans sa patrie et saluer le rassemblement de la jeunesse catholique mondiale. Et tout le monde, là aussi, de sourire et de s’embrasser. Car l’amour est universel ! Et je suis prête à parier que toute à leur joie de découvrir ce monde si beau et de par la ferveur planant sur Copacabana, il ne faudra pas s’étonner, d’ici quelques mois, d’une recrudescence de petits baptisés internationaux…

 

Et ce n’est pas tout ! Au Japon, par exemple, loin de Fukushima, une quarantaine de voyageurs a réussi à faire pencher un wagon de 32 tonnes pour permetter à une jeune femme tombée entre le quai et le train de se dégager. Quelle magnifique preuve d’héroïsme et d’entraide !

 

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Pendant ce temps, en père courage et à Dunkerque, François (le nôtre), tient bon la barre et clame qu’il ne lâchera rien ! Même sans personne pour l'entendre, nous voilà rassuré !

 

Allez… Je ne vais pas faire ma mauvaise fille pour une fois que tout semble aller bien. C’est l’été, les vacances, le soleil brille. Ne boudons pas notre joie et laissons de côté, pour un temps, nos grises pensées et angoisses pour célébrer dans la bonne humeur et le lâcher prise, ce moment béni (par le pape ou non), où tout semble subitement bien aller dans un optimisme retrouvé.

 

« All is well that ends well. » Tout est bien qui finit bien… et comme dirait l’une de mes amies chères, si cela n’est pas bien, et bien… c’est que ce n’est pas la fin !

 

 

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Les PourTous

Publié le par M.T

 

Aujourd’hui, c’est Tour de France. Ce n’est pas que j’aime suivre ce genre de manifestation sportive mais bon, avec la chaleur qui règne, cela me permet de rester au frais chez moi tout en prenant l’air ! Mais comme c’est d’un ennui mortel, je me suis amusée à aller voir sur Twitter ce qu’il s’en disait. Et là, ô surprise, je tombe sur le compte des « …PourTous », vous savez, l’ex-bande de Barjot qui saute sur tout ce qui Bourge du moment qu’ils peuvent étaler leurs belles et grandes idées sur une Humanité enfin réconciliée avec elle-même, dans la joie et la paix, amen. Bref, mes petits yeux se plissent sur les tweets éloquents des « TourPourTous » . En voici et pas des moindres...

 

« On ne triche pas en roulant, on ne triche pas avec les enfants »… C’est sûr, le gars qui a dit cela a une immense culture du cyclisme… Maintenant, si les « PourTous » pensent que le royaume du dopage est à prendre en exemple pour faire œuvre de moralité auprès des enfants, j’attends avec appréhension le résultat de cette éducation. A quand la génération « EPOPourTous » ?

 

« Depuis la moto, les coureurs voient le drapeau… » Je ne savais pas que les coureurs cyclistes roulaient désormais en moto. Cela étant, moi, au pied de l’Alpe d’Huez, je choisirais sûrement ce mode de locomotion !

 

« Nous sommes bien présents sur l’Alpe d’Huez… » Et là, j’ai beau écarquiller mes toujours petits yeux, je ne vois pas grand chose, pour ainsi dire, rien. Mais bon, soyons fairplay, le pluriel commence à deux ! et l'espoir fait vivre !

 

« Contador ne lâchera rien, nous non plus » Heu… et c’est quoi donc que Contador ne veut pas lâcher ? Le guidon ou la seringue ?

 

Quant au #drapeau600 cité à de nombreuses reprises, j’avoue mon incurie et mon incapacité à savoir à quoi le chiffre se réfère. Encore, si cela avait été #drapeau666 j’aurai compris, mais là, non, rien ne me vient… Peut-être le nombre de leurs adhérents, après tout, soyons généreux !

 

Bon allez, je vous laisse parce que non vraiment, le sport me lasse. Mais pour ne pas être en reste avec nos chers "PourTous", je les renvoie vers leur branche "FootPourTous" qui nous propose une séance d’entraînement ! Oui enfin... Je sais, c'est pas simple d'être EnfantPourTous...

 

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Quand l’UMP découvre la crise

Publié le par M.T


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Il est incroyable de constater comment l’UMP, prise la main dans le pot à confiture, entend faire passer à qui veut l’entendre que l’invalidation des comptes de campagne de son candidat en 2012 ne serait qu’un complot ourdi par la gauche, les juges et des journalistes en mal de revanche, allant jusqu’à affirmer, sans le moindre scrupule, que dans l’absolu la punition est bien outrée face aux « seulement » deux petits pourcents de dépassement des comptes de campagne de M. Sarkozy.

 

Le message est donc clair. On en veut à l’UMP, on veut mettre à terre ce fabuleux et historique parti, éloigner définitivement l’ex président de la scène politique et annihiler ainsi en France toute opposition. Ben voyons… et pendant ce temps, la marmotte, elle plie le paquet cadeau ! Soyons  sérieux. En quoi la simple application de la loi peut-elle choquer à ce point un grand parti qui se dédie à la reconquête du pouvoir donc à la présidence de la France ? Ces messieurs se croient-ils au-dessus de toute obligation, de toutes règles, règlements, lois ? Pensaient-ils vraiment qu’ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient sans rendre aucun compte ? Prenons, puisqu’il a été épinglé, le meeting de Toulon. Mes souvenirs concernant la campagne présidentielle sont encore suffisamment vivaces pour me rappeler que ce meeting, payé par l’Elysée, émanait pourtant plus d’un candidat que d’un Président en place. Qui a été dupe ? Alors autorisons-nous à nous interroger sur la légitimité pour les caisses de la République, donc nos impôts, de régler notamment la note de plusieurs dizaines de cars affrétés à l’occasion afin de faire venir des quatre coins du département les sympathisants UMP ? Parce que les autres français ne sont pas dignes d’aller entendre la prophétie de Dieu le Père ?

 

Je pioche dans le porte-monnaie mais je dis rien à maman ? Pas vu pas pris ? Mais si je me fais pécho, c’est pas ma faute à moi mais à celui qui m’a découvert !

 

Parce que je crois qu’ici réside l’essentiel, pour ne pas dire l’essence même de cette politique cynique de l’UMP d’aujourd’hui, celle des Copé, Guéant et consorts : Je fais ce que je veux, quand je veux et avec qui je veux mais si on me prend, c’est la faute à l’autre qui m’a poussé, moi, j’y suis pour rien.

 

Je ne parle même pas de l’image méprisable renvoyée à nos jeunes générations qui les encourage à devenir de futures élites mafieuses  aux dépends de toute moralité ! Car le message est on ne peut plus laconique : « si tu triches, mais pas trop, c’est pas grave ! ». C’est vrai, écoutons les cadors de l’UMP dire que vraiment, se faire punir pour deux pourcents de dépassements, c’est pas juste ! Ah bon ? C’est comme la vitesse sur la route, on a droit à 5KM/H de tolérance ? Et vive la flexibilité de la Loi !

 

Et Copé de venir devant nos écrans de télévision publique, la voix enrouée, le regard embué nous demander à nous, pauvres hères, de mettre la main à la poche pour renflouer les caisses d’un parti qui, il y a encore quelques semaines, défilait dans les rues pour dire que, nous, les pédés et gouines, on n’avait pas le droit d’élever nos enfants ? Mais ça aussi, faut être gentil, effacer les dissensions et aider aujourd’hui ceux là même qui nous honnissaient hier ?!

 

Ben non. Ca marche pas comme ça les gars. Et je n’en fais pas une question personnelle. Non, je me demande juste pourquoi j’irai rétablir un parti politique incapable de gérer ses propres comptes mais qui ambitionne de gérer ceux de la France ! Houps, non, je ne prendrai pas ce risque là, merci.

 

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Plaidoyer Pro-Gay de Christine Lagarde (in english)

Publié le par M.T

 

Le FMI (Fonds Monétaire International) a enregistré une video en faveur de la visibilité et de la tolérance envers les lesbiennes, les gays, les bisexuels ou transgenres. C'est un appel à l'égalité, à l'acceptation par soi-même et par les autres, proches, collègues, société, des différences de chacun, chacune. C'est aussi un message d'espoir, ne serait-ce que par son titre "It gets better", qu'on peut traduire par "Cela va mieux". Plusieurs collaborateurs du FMI parlent ainsi de leur propre expérience et de comment ils ont réussi à mieux vivre leurs différences.

 

A la fin de cette video (vers la min10), à la suite de ces témoignages, Christine Lagarde fait une émouvante confidence sur l'un de ses proches, un membre de sa famille. Malheureusement, la video est en anglais sans sous-titre mais je vous donne une traduction le plus fidèle possible des propos de Mme Lagarde :

 

"J’ai écouté leurs histoires et je peux comprendre combien ils ont pu se sentir seuls. Je vais vous raconter une histoire. Un de mes cousins, que j’aime beaucoup, qui a aujourd’hui 65 ans, a passé la plupart de sa vie à se cacher, à prétendre, à masquer qui il était. Il a grandi dans une famille très conservatrice, catholique avec une mère très aimante mais très autoritaire. Et jamais il n’a réussi à lui dire, à lui parler jusqu’à ce que sa mère tombe gravement malade. Et j’ai dit à ce cousin, tu dois lui dire avant qu’elle ne parte. A ce moment là, il avait environs 55 ans, il a eu le courage de lui parler, dans les dernières heures. Sa mère lui a répondu : « J’ai toujours su. Pourquoi ne m’as-tu pas parlé plus tôt ? Je t’aime et je t’aimerai toujours. » Alors pour lui, tout a été mieux, après. Mais je sais comment on peut se sentir seul dans ces circonstances. Et laissez moi vous dire que je suis fière d’appartenir à une organisation qui désire fortement que les gens soient eux-mêmes, quels qu’ils soient : gays, bisexuels… de n’importe quelle religion, jeune, européen, africain, asiatique, homme ou femme, chacun doit être capable d’être ce qu’il est et de se sentir à son aise, respecté, fier de lui, fier de ses différences. Et nous, au Fonds, nous devons faire tout notre possible pour aider à ce que tout devienne mieux, de mieux en mieux."

 

Moi, je n'ai plus qu'une chose à attendre pour que cela devienne vraiment mieux, in order it gets really better, c'est que Mme Lagarde nous fasse ce plaidoyer émouvant, ici, en France, sur nos médias et relaye dans son propre pays ce message de tolérance.
Mme Lagarde, la balle est dans votre camp.

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